Fonds à formule (Magique ?)
Pierre nous interroge sur les fonds à formule et autres produits structurés.
Que faut-il en penser ?
« Le risque vient de ne pas connaître ce que vous faites. » Warren Buffet
On parle de l’extraordinaire inventivité des financiers en matière de création de produits.
On devrait aussi souligner l’ingéniosité psychologique de leur offre.
Prenons les fonds à « promesse » prudemment rebaptisés fonds à « formule » après l’intervention de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). En effet, le terme « promesse » est exclusif au vocabulaire politique et il ne saurait donc qualifier un produit financier qui lui, se devrait de les tenir.
Le principe est simple : c’est un « investissement à risque faible et à potentiel élevé de performance. » Je cite ici le texte d’une plaquette promotionnelle d’une grande compagnie de gestion.
L’argumentaire repose donc sur une émotion et un désir, la peur du risque et l’appât du gain. On élude les risques d’incertitude et on fait valoir la performance possible. Qui saurait résister à une telle proposition qui résout miraculeusement le dilemme de tout investisseur, à savoir minimiser les risques de perte tout en maximisant les gains espérés ?
Or, « un investisseur averti sait qu’il ne peut espérer obtenir une rentabilité élevée sans accepter de prendre des risques et prendre des risques signifie s’exposer à un risque de perte. »
Où est le tour de passe passe ?
La formule serait-elle magique ?
Nous savons depuis longtemps que les critères de choix d’un placement ne sont jamais exclusivement rationnels et qu’ils dépendent d’une motivation plus profonde qui procède contradictoirement de la peur de perdre et du désir de gagner.
Les intermédiaires financiers ne s’y sont pas trompés qui jouent sur les sentiments plutôt que sur l’explication des fameuses « formules » mathématiques qu’ils sont d’ailleurs incapables de déchiffrer.
Si vous ne comprenez pas ce que l’on vous propose, cher Pierre, fuyez-le comme la peste. Ce sera notre conseil du jour.
Jean Guy PECRESSE
1)Régniez J. Les nouveaux produits financiers, éd. La Découverte, 1989
(2) Bernstein Peter L., Finance, des idées capitales, éd. PUF, 1995
Cohen D. Trois leçons sur la société post-industrielle, éd. du Seuil, collection La république des idées, 2006
(3) Artus P., Virard M. P., Globalisation, le pire est à venir, éd. La Découverte, 2008
(4) les travaux de Maurice Allais
Jean-Guy Pécresse
Jean Guy Pécresse dirige Diferentia.
Il est diplômé de troisième cycle en gestion de patrimoine de l'université d'Auvergne (Clermond-Ferrand), il est également chargé d'enseignement à l'université de Bordeaux.
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